L’usufruitier qui met des dividendes en réserve ne fait plus une donation déguisée

Publié le 5/12/2013

Supposons que vos parents vous donnent des actions en s’en réservant l’usufruit. Ils vont pouvoir toucher des dividendes (sur lesquels ils paieront 30 % d’impôt environ). De votre côté, vous récupérerez la totalité des parts à leur décès, sans impôt. Imaginez maintenant que les parents usufruitiers décident que la société ne distribuera pas ses dividendes : dans ce cas, à leur décès, la société aura accumulé une trésorerie importante de, disons, 10 millions d’euros. Les héritiers payeront environ 30 % d’impôt sur ce cash, lors de sa distribution. Ils toucheront donc 7 millions. Si le circuit normal avait été respecté, les parents auraient payé l’impôt sur les dividendes, et, à leur décès, les 7 millions restants auraient été transmis à leurs enfants. Ceux-ci, après avoir payé 40 % de droits de succession, auraient alors touché 4,2 millions. Le fait de ne pas distribuer les dividendes a fait gagner près de 2,5 millions à la famille.

Jusqu’à présent, l’administration fiscale notait qu’en mettant en réserve les bénéfices l’usufruitier renonçait à son usufruit et notifiait alors un redressement pour donation déguisée. En déclarant que les contribuables qui utilisaient ce montage n’étaient pas en abus de droit, la Cour de cassation a confirmé une décision de 2007 de la cour d’appel de Lyon et va sérieusement perturber l’argumentaire de l’administration fiscale.

Article rédigé par Bernard Monassier, membre du Cercle des fiscalistes.

Source : article paru dans « Challenges« , le 20 janvier 2011

  • Partager
Pour aller plus loin :
Donation / succession

«Pour sauver notre souveraineté économique, il faut sauvegarder le pacte Dutreil»

Les débats récurrents sur la remise en cause du régime Dutreil ignorent les leçons de l’histoire. L’alourdissement des droits de succession a, par le passé, provoqué la vente massive d’entreprises familiales à des groupes étrangers, accélérant la désindustrialisation et la perte de souveraineté économique. Maintenir ce régime, c’est préserver la transmission et la pérennité du tissu entrepreneurial français.

Donation / succession

Pacte Dutreil : « Surtout ne rien toucher ! »

Corinne Caraux et Jean-Yves Mercier, membres du Cercle des fiscalistes, jugent problématique l’analyse de la Cour des Comptes sur le Pacte Dutreil, tant au niveau du diagnostic que dans la nature des préconisations.

Donation / succession

Pacte Dutreil : fausse dépense fiscale, mais vrai enjeu de souveraineté nationale

Le Pacte Dutreil, souvent présenté comme une dépense fiscale excessive, est en réalité un outil essentiel à la transmission des entreprises familiales. Jean-François Desbuquois démontre qu’affaiblir ce dispositif mettrait en danger l’emploi, le tissu économique territorial et même la souveraineté nationale. Une analyse clé pour comprendre les véritables enjeux derrière ce mécanisme stratégique.


Le 1er Congrès du Cercle !

À l’approche des échéances électorales majeures de 2027, la fiscalité s’impose plus que jamais comme un sujet central du débat public.

C'est dans ce contexte que le Cercle des fiscalistes organisera, le jeudi 5 novembre, à La Maison du Barreau de Paris, la première édition de son Congrès intitulé « La fiscalité au service de la croissance ».

LIEN D'INSCRIPTION