Eviter le paiement de plus-values dans le cadre d’une succession sans prendre des précautions correctes juridiquement et fiscalement peut coûter cher. Ainsi, des héritiers ont vendu un immeuble dont le prix de vente était le double de la valeur figurant dans la déclaration de succession établie un an avant. Ils se trouvaient donc imposés sur la plus-value réalisée. Pour éviter cette taxation justifiée, ils ont souscrit une déclaration de succession rectificative deux ans après le décès de leur géniteur, accompagnée d’un complément de droits de succession. La valeur dans la déclaration rectificative correspondant au prix de vente, les héritiers ont jugé qu’ils n’avaient pas d’impôt sur la plus-value à payer. Bien entendu, le montant de complément de droits de succession était inférieur au montant de l’impôt dû sur les plus-values. Mais, le 1er février 2012, la cour d’appel administrative de Paris a condamné cette solution, considérant que l’administration fiscale, pouvait écarter – pour la taxation de la plus-value – la déclaration de succession rectificative. Ce jugement, qui confirme une jurisprudence (cour d’appel de Bordeaux du 20 février 2003), s’est traduit par une fiscalité alourdie pour les héritiers qui ont dû acquitter l’impôt sur les plus-values en plus du complément de droits de succession. Mieux vaut donc établir – avant de signer une promesse de vente – une déclaration de succession rectificative avec paiement des compléments de droits. L’administration est obligée d’admettre la valeur retenue dans cette déclaration.
Source: Article paru dans « Challenges » du 14/06/2012
En France, la fiscalité des donations et des successions suscite de vifs débats. Pour apporter un éclairage factuel et chiffré, Jean-François Desbuquois, synthétise le poids réel des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) au travers d’une infographie exclusive.
La proposition d’inciter les Français à transférer de leur vivant dans des fondations d’intérêt public une partie de leur patrimoine, qui serait ensuite imputable sur l’impôt dû à l’occasion de leur succession, a le mérite d’ouvrir un débat, mais avec des moyens qui nous paraissent inadaptés.
Les débats récurrents sur la remise en cause du régime Dutreil ignorent les leçons de l’histoire. L’alourdissement des droits de succession a, par le passé, provoqué la vente massive d’entreprises familiales à des groupes étrangers, accélérant la désindustrialisation et la perte de souveraineté économique. Maintenir ce régime, c’est préserver la transmission et la pérennité du tissu entrepreneurial français.
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C'est dans ce contexte que le Cercle des fiscalistes organisera, le jeudi 5 novembre, à La Maison du Barreau de Paris, la première édition de son Congrès intitulé « La fiscalité au service de la croissance ».