Olivier Janoray, avocat à la Cour et Jérôme Bernecoli, notaire, membres du Cercle des fiscalistes
Tribune publiée dans l’AGEFI actifs, le 28 octobre 2026
Une plus-value jamais encaissée, taxée le jour où l’on transmet son entreprise : l’article 5 du projet de loi de finances pour 2027 fait d’une mesure anti-abus un impôt sur la transmission.
En 2012, le législateur entend mettre fin à un montage précis : l’apport de titres à une holding contrôlée, suivi de leur cession quasi immédiate en franchise d’impôt. Le remède retenu, le report d’imposition, est pourtant appliqué sans distinction à tous les apports, y compris à ceux qui ne s’inscrivent dans aucun projet de cession (i.e., la simple réorganisation de la détention d’une entreprise familiale). Ce défaut de ciblage est resté sans conséquence tant que le report s’éteignait au décès ou suivait les titres donnés. En faisant de la transmission un fait générateur, l’article 5 en fait un impôt sur les transmissions familiales.
La taxe sur les holdings figurant dans le PLF 2026 est difficilement compatible avec les exigences constitutionnelles et avec celles du droit de l’UE, pointent Philippe Bruneau, président du Cercle des fiscalistes, Jean-Yves Mercier et Jérôme Turot, vice-présidents de ce think-tank.
Alors que la France cherche encore son gouvernement, le président du Cercle des fiscalistes se prononce sur la politique fiscale menée. Si tout n’est pas à jeter, il appelle tout de même à une réforme du régime successoral jugé suranné.
La discussion sur la plus forte taxation du patrimoine est en train de préparer une vague d’expatriation, préviennent, dans une tribune, Philippe Bruneau et Jean-Yves Mercier, du Cercle des fiscalistes. Lesquels pointent aussi les failles du raisonnement des promoteurs de ces impôts.
À l’approche des échéances électorales majeures de 2027, la fiscalité s’impose plus que jamais comme un sujet central du débat public.
C'est dans ce contexte que le Cercle des fiscalistes organisera, le jeudi 5 novembre, à La Maison du Barreau de Paris, la première édition de son Congrès intitulé « La fiscalité au service de la croissance ».