La mort de l’ISF ne fera pas revenir les exilés

Publié le 9/11/2010


Exit, bientôt, le tant décrié bouclier fiscal, tout comme l’emblématique ISF. Pour autant, il serait illusoire de s’attendre à un retour des grosses fortunes, dont plusieurs alsaciennes, qui se sont « délocalisées » ces dernières années. Philippe Bruneau, directeur de la banque privée Neuflize OBC (groupe ABN Amro), s’en explique.

Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) : « La suppression annoncée de l’ISF, de l’impôt de solidarité sur la fortune, va-t-elle réduire les délocalistaions de grandes fortunes? »
Philippe Bruneau : Je suis plutôt septique. il y a deux types de candidats à la délocalisation. D’abord ceux qui le font pour des raisons liées à la superposition d’impôts sur le capital, avec l’ISF en cours de vie et droits de succession au décès. Certains arrivent parfois à payer plus de 100% de leur revenu sous forme d’impôts chaque année, ce qui les pousse à partir, à s’exiler. Demain, sans ISF, ils pourront évidemment rester en France.
Ensuite, il y a une deuxième catégorie de candidats à la délocalisation, elle est apparue plus récemment. Et elle migre moins vers la Suisse que vers la Belgique. De fait, ces personnes ne cherchent pas l’exonération de l’ISF, mais avant tout à échapper aux plus-values lors de la vente de leur outil professionnel.

DNA : « Et à cet égard, la Belgique fait figue de paradis fiscal… »
Philippe Bruneau : Il faut savoir qu’en France, cet impôt que doit payer l’entrepreneur correspond à plus de 30% du produit de la cession de la société, alors qu’en Belgique, c’est zéro.

Pour aller plus loin :
ISF / IFI

Bouclier fiscal peut mieux faire !

Alors que, telle une antienne, une réforme de l’ISF fait de nouveau…

ISF / IFI

L’assurance-vie éclaircie

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