La CSG rend toute réforme fiscale périlleuse

Publié le 13/10/2011

La CSG rend toute réforme fiscale périlleuse
Certes, les temps sont difficiles. L’ère de la baisse générale de la pression fiscale est terminée. Nous devons nous attendre à une augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux. Cependant, il faut raison garder et arrêter de prôner des solutions fondées sur des postulats erronés. Dans presque tous les médias, on affirme que le taux marginal d’imposition des revenus des Français (41%) est plus faible que dans d’autres pays, tel le Royaume-Uni. On prône donc une augmentation importante de ce taux marginal. Ce postulat est, hélas, faux: les revenus 2011 subiront en 2012 un taux réel marginal de près de 57% (taux de base de 41% auquel s’ajoutent la CSG à 13,5% et la contribution sur hauts revenus à 3%). On prétend que la CSG n’est pas un impôt mais une contribution: le contribuable ne comprend pas cette subtilité sémantique. Avec un prélèvement aussi lourd, les marges de progression sont quasiment inexistantes, sauf à déclencher soit une jacquerie fiscale, soit des délocalisations massives de contribuables. De même, on apprend, dans divers milieux, que la taxation du capital, récemment alourdie, pourrait être encore revue à la hausse. C’est oublier qu’avant la récente réforme la taxation du capital représentait 3,4% du PIB français, contre 0,9% en Allemagne et, en moyenne, 2% au sein de l’OCDE. Tout cela démontre que notre fiscalité est à bout de souffle. Il faut repenser la place de chaque impôt, revoir les assiettes, les taux. La refonte de notre système fiscal devient la nécessité première de la prochaine mandature.
Source : Article paru dans  » Challenges  » 13/10/2011
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