La mise à mal des plus-values va obliger à arbitrer

Publié le 8/10/2009

Le ministre du Budget, Eric Woerth, vient d’annoncer la remise en cause du seuil de cession des plus-values mobilières, pourtant modeste. A partir de l’an prochain, les gains boursiers seront soumis aux prélèvements sociaux dès le premier euro. C’est une incitation à quitter la Bourse !

Que des contributions sociales s’appliquent à tous les placements se comprend. Mais il est dommage de revenir sur des choses qui ont été réformées, et pas trop mal réformées, il y a deux ou trois ans. Cela décrédibilise la parole de l’Etat.

L’assurance vie ne sera pas épargnée : les capitaux versés en cas de décès vont subir le couperet social. Au cours du débat parlementaire, la réforme en cours des niches sociales risque également de viser le PEA : les gains au-delà de cinq ans pourraient être, eux aussi, soumis aux 12,1 % de prélèvements sociaux. Enfin, les plus-values immobilières réalisées sur un bien locatif ou une résidence secondaire au-delà de quinze ans sont dans la ligne de mire… alors que le marché s’effondre. Les vendeurs concernés vont renoncer à se séparer de leur bien. Cette réforme contribuerait à rigidifier et détériorer le marché.
Il est trop tôt pour envisager des arbitrages au sein de son patrimoine. Mais, à moyen terme, il faudra reconsidérer ses positions. On assistera, comme je l’ai déjà souligné, à une reprise de l’inflation. Il faudra donc favoriser les actifs réels qui reprendront de la valeur et de la couleur, comme les actions et l’immobilier. Les détenteurs d’obligations d’Etat auront du souci à se faire…

Source : Challenges, le 8 octobre 2009

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